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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 14:53

 

interstellar-posterQuand j’étais gosse, je voulais devenir astronaute. Si j’ai emprunté des chemins plus terrestres, j’ai toujours gardé la fascination des grands espaces intergalactiques. Faute de simulateur de la Nasa à la maison, je collectionne donc les objets volants cinématographiques (qui sont bien souvent des objets branlants soporifiques). Dernièrement, j’ai ajouté Interstellar à ma collection de merdes spaciales. Je vous le résume en 5 points :


1. C’est long. Beaucoup trop long. Au moins 2 h 45 de trop (sur 2 h 50). On frôle l’abysse existentiel, le trou noir de l’attention. Pire, on sombre dans un ennui sidéral.


 2. Ça n’a aucun sens. Non, vraiment, le père de famille fermier qui traverse les galaxies avant de revenir, via des raccourcis spacio-temporels flottants, sous forme de fantôme en 5 D, derrière la bibliothèque de sa fille, ça n’a ni queue (de comète) ni tête.


 3. C’est bruyant. Le vrombissement des moteurs de vaisseaux improbables (et je ne vous parle pas du robot en bâtons…) saturé dans les enceintes afin, sans doute, de procurer à un public sourd une impression d’immersion, c’est trop. Remarque, cela couvre un peu le ruminement permanent de la salle (mais quel est le premier con qui a eu l’idée de vendre des pop-corns à des spectateurs de cinéma ??). Bref : j’ai regretté mes boules Quies (et mon oreiller).


 4. C’est moche. On ne voit rien ou presque des grands espaces infinis où dérivent nos dérisoires galaxies. Dans Gravity, on se tapait l’humour de beauf de Cloney, mais au moins on avait l’impression de flotter dans l’espace. Ici, on se coltine des intérieurs de vaisseaux moches, des planètes de flotte ou de glace moches, des trous noirs moches, mais aucune jolie vue panoramique de systèmes solaires qu’on voudrait en poster.


 5. Enfin et pour finir, "Je n’écrirai rien sur ce film, c’est une merde !" (Les cinéphiles des années 1990 comprendront).

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 17:22

 

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Malgré la péridurale, j’ai l’impression d’avoir un parpaing coincé dans le bassin. "Ça" ne passera jamais. J’ai beau pousser, souffler, respirer dans le masque à oxygène, et pousser encore. Je vais tourner de l’œil. Si ça ne passe pas, c’est donc moi qui vais casser ?

 

On a beau se blesser tout au long de la vie, s’écorcher les genoux et le cœur, on ne sait rien de la souffrance. Et sitôt dépassées, on archive ces heures qui vous ont arraché des larmes et des cris.

 

On le répète à l’envi : de la grossesse et de la naissance, paraît-il qu’on ne garde que les meilleurs moments. Moi, je n’ai pas oublié les douleurs de l’accouchement, un jour blafard de janvier.

 

« À chaque contraction, imaginez que vous surfez une vague », m'avait-on conseillé lors des cours de préparation. Forte de cette métaphore maritime, je sors ma planche de bodyboard et je guette le rouleau. Sauf qu’à la troisième contraction, je me retrouve au pied d’un mur d’eau de 4 mètres de haut. Titanesque. Infranchissable. Une déferlante qui menace de tout emporter. Mon frêle esquif sur les récifs. Ma planche de salut, la péridurale.

 

Et pourtant, j’en ai entendu plus d’une qui, la bouche pleine de fleurs, vantant les joies supposées de l’accouchement "au naturel", voulaient tenter sans anesthésie ce voyage au bout de la douleur.

Et bien : bon courage.

 

Personnellement, j’ai payé mon obole à cette ardoise laissée par Eve. Des douleurs de l’enfantement, j’ai eu ma dose et de quoi boire la tasse. En terme d’adrénaline, je préfère le saut à l’élastique. Les vertiges de la drogue ou du sexe.

 

Et puis les heures ont fini par épuiser les tourments.

Chaos. Accélération. Confusion. Dans un dernier assaut, les vagues se sont calmées, laissant place à une tempête, d’émotions cette fois. « C’est un très joli parpaing », a dit la sage-femme.



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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:32

 

Neuf mois, c'est long. Surtout à la fin.

C'est aussi encombrant. Et inconfortable. Les tenants de la grossesse épanouie ont oublié de nourrir vos rêves de princesse en herbe de quelques détails utiles. Comme les coups de pied sous les côtes d'un bébé désormais trop à l'étroit pour bouger sans impacter douloureusement votre physionomie. La difficulté de se lever, de se baisser, ou tout simplement de s’asseoir ou s'allonger dans une posture indolore. L'impression d'être tantôt une baleine échouée, tantôt un ballon gonflé à l'hélium et sur le point d'exploser. La sensation de marcher sur une planète à la gravité plus élevée (essayez, messieurs, de vous lester de dix ou douze kilos sur le ventre et de garder l'air alerte en vous déplaçant). On ne vous parle pas non plus des nerfs sciatiques qui coincent et vous pétrifient façon statue du musée Grévin au beau milieu du chemin. De la difficulté de maintenir une posture verticale devant les caisses spéciales "femmes enceintes" où une cohorte de clients en pleine forme fait mine de regarder le plafond lorsque vous arrivez avec vos courses et votre gros bidon.
IMG 2423Est-ce encore la peine d'évoquer les prises de sang à répétition, et le rituel de poireauter à jeun derrière une meute de petits vieux dont l'unique occupation du jour est de faire l'ouverture du labo ? Et pourquoi c'est à moi qu'on fait le dépistage de la toxoplasmose, et pas à mon chat ? Vous ai-je déjà parlé de la difficulté de faire ses lacets (mais où sont mes pieds, d'ailleurs ?) ? Ou de l'exercice improbable que constitue une épilation du maillot à 9 mois de grossesse ? Vous ai-je encore raconté les séances de préparation à la naissance après lesquelles rééducation du périnée, suites de couches, épisiotomie, n'auront (malheureusement) plus de secrets pour vous ? 

Et puis, en guise d'horizon, la perspective de l'accouchement imminent, dont les récits entendus enfant vous ont peut-être laissé comme une impression de "boucherie-charcuterie"... Paraît-il qu'on oublie tout après (ce que je ne manquerai pas de vous confirmer... si je m'en rappelle). Bref, faites des enfants !
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:50
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Les gens ne savent qu'acheter
Moins vous êtes et plus vous remplissez
Le caddie, ce plein de vide à roulettes
Et toutes ces fêtes bonnes à jeter
Les hypermarchés dégueulent des jouets
En plastique, des chocolats
Et l'Afrique, dans tout ça ?
Et ces recoins d'Asie où l'on crève
Sur un coin de trottoir ?
Tu y penses, toi, entre le caviar,
le foie gras, la bûche et tes 36 plats ?
A quoi ça rime, de se gaver comme ça ?
Et ces montagnes d'objets inutiles
On finira par crever sous des piles
d'appareils ménagers qui ne ménagent rien
surtout pas
notre soi-disant dignité d'être humain.
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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 20:40

 

Je déménage. À moins d'avoir un satellite personnel, un raccordement pirate au réseau d'eau, et une dynamo pour les soirées d'hiver, impossible d'échapper à la valse des résiliations et ouvertures de comptes.  

Je m'attelle donc au transfert de mon opérateur Internet : appelons-le Numéricab' (à la brestoise, quoi !). Soucieuse de promouvoir le contact humain, je passe en boutique. Une fille, seule au milieu des box et des écrans de télé, me répond qu'en boutique on ne procède pas aux déménagements, qu'il me faut appeler le service client. Et m'assure que je peux par la même occasion faire évoluer ma formule d'abonnement, devenue fort coûteuse et obsolète à l'égard des offres actuelles. Car je suis, comme des hordes de pingouins consuméristes, une cliente fidèle qui n'a jamais rechigné à payer un abonnement téléphone/Internet/et moult chaînes, alors même que je ne regarde jamais la télé (d'ailleurs je ne téléphone pas non plus...).

J'appelle le 3990 (service client), pour tomber sur des kyrielles de plateformes de téléopérateurs installés au Maghreb (main d'oeuvre moins chère, oh la belle entreprise humaniste que voilà ! ). Lorsque, enfin, j'accède au service "déménagement" ("votre temps d'attente est inférieur à...10 minutes"), une opératrice m'explique qu'il me faut d'abord procéder à la modification de mon offre avant d'effectuer le déménagement en question, qui me réengage automatiquement pour un an. On m'oriente donc vers le service "modification" ("votre temps d'attente est inférieur à...10 minutes"), où l'on me répond qu'il faut d'abord activer le déménagement, après quoi la modification sera prise en compte... 

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Retour à la case déménagement. Une énième opératrice enregistre ma nouvelle adresse et me demande si mon nouveau domicile est bien raccordé (C'est depuis la prise Numéricab' de mon nouveau logement que je vous appelle, justement...). Elle tient néanmoins à procéder au contrôle de l'éligibilité de l'adresse (au cas où j'aurais pris une vulgaire prise secteur pour une prise câblée frappée du saut de l'opérateur) et... me coupe la ligne. Résultat : 45 minutes passées au téléphone, pour rien. Ça, c'était le matin.

Le midi, rebelote : je rappelle, d'un portable, cette fois - ben oui, je n'ai plus le téléphone - le service "déménagement", afin de finaliser la procédure ("votre temps d'attente est inférieur à..."). Une nouvelle opératrice (mais c'est une pépinière !) nous assure que nous pourrons procéder à la modification souhaitée, dès que la ligne sera réactivée.
L'après-midi : le modem s'est allumé, la ligne fonctionne à nouveau. Je rappelle donc le service "modification" ("votre temps d'attente..."), qui m'informe qu'il est impossible de procéder à une modification, puisqu'"une modification est déjà en cours" (à savoir : le déménagement. Vous suivez ?). Game over : voulez-vous rejouer ?

Lundi matin (l'empereur, sa femme et le petit prince...), je rappelle le service "modification" ("votre temps..." Mais ta gueule !). 10 minutes plus tard, on m'annonce que toute modification est impossible, car je suis réengagée pour un an (!). Je me débats, j'assure qu'on m'avait promis, que j'ai passé le week-end au téléphone avec Numéricab', qu'on me balade de service en service, que c'est une bien mauvaise façon de traiter les clients fidèles... Intraitable, "Sarah", de la plateforme "modification" ne veut rien entendre. Ni d'ailleurs me passer son responsable. À bout de nerfs, je demande alors le service "résiliation". Ce à quoi je m'entends répondre qu'"il y a trop de demandes" (de résiliation ? Comme c'est étrange...) et qu'on me rappellera. J'envoie paître "Sarah" (pardon Sarah - si c'est ton vrai prénom - je ne t'en veux pas personnellement, mais à travers ton discours formaté et borné, c'est tout Numéricab' que je voudrais envoyer chier), et je raccroche. 

À l'heure où j'écris ces lignes, j'hésite entre : passer mes nerfs sur un vendeur innocent de la boutique brestoise de mon opérateur détesté ; prendre un abonnement chez Orange, Pomme, Poire, ou même chez Père Dodu s'ils font des forfaits Internet ; balancer mon modem dans le jardin et entamer une danse de la guerre autour ; renoncer définitivement à ces technologies dites "de communication" aux mains de grosses boîtes désincarnées qui nous prennent pour des cons et usent de la désinformation pour nous vendre tout et n'importe quoi. Et nous rançonner tous les mois. L'avenir dira quelle option j'ai choisie. Et joyeux Noël !
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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 10:27

 

Derrière l’exclamation qui vous accompagne comme une traîne de jeune mariée partout où vous allez sitôt la « bonne nouvelle » annoncée, se cachent les prémisses d’un parcours de la combattante tissé de symptômes et de maux variés.

L’injonction sociale est à la joie : il faut (au nom de quoi ?) être heureuse d’être enceinte (même si l’état de grossesse vous insupporte, et que vous auriez préféré avoir l’enfant sans les affres de sa fabrication). Il faut rayonner, l’exhiber, le claironner, fanfaronner, se laisser toucher le ventre comme un grigri de la fertilité, vomir avec le sourire, grossir avec entrain, accoucher en chantant. L’anathème tombe sur les dissidentes : femmes dépressives, mauvaises mères, filles immatures, vous reprendrez bien une part de culpabilité, à la table des bien-pensants. La grossesse, c’est le règne des hystériques.

 

Et en ces terres peuplées de femmes qui se regardent pousser le ventre, les contradictions sont légion : il faut prendre du poids… mais pas trop ! Se reposer, au risque d’être taxée de fainéantise par un environnement macho. Honorer une kyrielle de rdv médicaux, sans pénaliser l’entreprise bien entendu.

Autant dire que le fil d’équilibriste est mince, au-dessus de la fosse aux lions des médisants.

 

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Mais vu de l’intérieur, l’état de grâce tant vanté n’a de gracieux que le nom. Voici donc une petite liste (non-exhaustive) de ce que votre mère ne vous a pas dit des maux de la grossesse : à côté des nausées (allant du mal de mer lancinant aux violents écœurements qui en alitent plus d’une), s’alignent des souffrances ligamentaires, douleurs poitrinaires, troubles digestifs aux variantes innombrables, brûlures d’estomac, essoufflements chroniques, saignements de nez, de gencives, jambes lourdes ou agitées, insomnies au long cours, instabilité émotionnelle, angoisses prénatales, rétention d’eau, rhinite dite « de grossesse » (en gros, un rhume permanent), masque de grossesse (mauvaises noces des hormones et du soleil, qui peuvent laisser des séquelles durables sur le visage), vergetures (là encore, des tatouages pérennes), violentes céphalées, troubles de la vue (et oui, on « voit » moins bien enceinte, figurez-vous), maux de dos (et forcément, avec une masse grandissante tirant vers l’avant), fatigue incommensurable… Et j’en passe. Autant de tourments auxquels viennent s’ajouter un cortège de restrictions alimentaires, des prises de sang et examens intempestifs, une prise de poids anxiogène (vous croyez que c’est facile de voir la balance afficher 2 kg supplémentaires à chaque visite quand tout, dans la société, vous exhorte à rester mince ??). Bref : pas un centimètre carré de votre corps n’est épargné par cette modification complète de l’organisme. Vous voilà brassant un à deux litres de sang supplémentaires, avec un cœur qui bat 10 à 15 pulsions de plus par minute, vous devez respirer davantage (alors que vous respirez moins bien), manger plus (ou plutôt : mieux, et plus souvent), rester en forme tout en bougeant moins… Vous avez l’impression de vous transformer en four gestationnel ambulant. Toutes fonctions dédiées au bébé, cela va sans dire.

 

Il est dit dans la Bible que les femmes enfanteront dans la douleur. Il n’est pas précisé : avec les hommes pour spectateurs.

Parce qu’épargné par les changements physiques, l’homme est absolument préservé des contraintes de la gestation. S’ouvrent alors deux champs d’expérimentation, chacun vivant l’arrivée de l’enfant différemment.

 

Mais, parfois, un événement vient balayer les petits malheurs : une rumeur sourde au bas du ventre, comme une vague se cognant contre mon cœur, un petit pied qui tâte le terrain de l’intérieur, avant d’aller courir le vaste monde. Cela peut valoir la somme d’enquiquinements sus-cités.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 09:27

 

Pour moi, Tonnerres de Brest, ça sonne un peu comme... Bordel de merde !
Pourquoi cette exclamation si peu raffinée ? Parce que, je l'avoue, c'est tout ce que m'inspire cette kermesse-sur-mer géante, vécue de l'intérieur. Explications.

Ok il y a de beaux bateaux (les mêmes qu'il y a quatre ans, à peu de choses près). Mais qui n'a jamais vu de beaux bateaux ? Des citadins sous cellophane ? Des cosmonautes ? Des parisiens (je n'ai rien contre les parisiens, hein) ?
Pour le reste, des baraques à frites, des chapiteaux pointus (turlututu), des marinières en veux-tu et, surtout, des emmerdes à foison pour les usagers du port.

Les transports, d'abord (oui, je sais, nous avons un tramway miniature vert pomme et flambant neuf, qui emmène les braves gens de Carrefour à Ikéa, et vice versa, dans une joyeuse tournée des grands ducs à haute valeur culturelle ajoutée).
Le récit de mes folles aventures pour me rendre au bureau (au bourreau ?) en ces temps où il pleut des vieux gréements mériterait à lui-seul un billet.
Et pourtant, je suis de bonne composition : je prends un abonnement spécial bus désynchronisés. Aucun n'arrive à l'heure (donc je rate ma correspondance et je poireaute des plombes au milieu de rien). Quand ils passent, les bus sont bondés, et des clodos alcoolos me tombent dessus par quelque illustration des lois de la gravité.
Quand les bus ne passent pas, j'attends comme une conne sous la pluie (mais pourquoi n'y a-t-il pas d'abris couverts ? On est à Brest tout de même, tonnerres de merde !).

Après avoir vainement attendu un bus qui n'est jamais venu, je me risque au centre-ville en voiture, arborant le macaron des entreprises usagères du port. Je me fais bouler du parking du Cours Dajot ("pas le bon macaron"), du parking du Château ("pas le bon macaron"). Pour finalement trouver un parking "macaron bleu"... derrière la gare. De là, il faut encore descendre la rampe à pied sous la pluie (ben oui, on est toujours à Brest...), ou attendre le bus... s'il daigne venir.
Bref : 1 h de trajet et de galères, pour 2 km à vol d'oiseau. Et ça ne fait que commencer.


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Le midi, rebelote, emmerdes et moules frites.
La carte des réjouissances culinaires du port est une insulte au (bon) goût. Sandwichs minables et/ou insipides, frites, kébabs, frites, sardines grillées peu ragoûtantes, frites, plateaux repas faméliques et coûteux, menus dit "du port" dans les restaurants, la fête devenant prétexte à tous les délires pécuniaires (un morceau de bœuf et un brownie pour 25 euros ??).
Coincée au milieu des barnum, je finis par manger une pauvre crêpe mal cuite (mon chat au billig ne ferait pas pire), et deux "kouignettes", la spécialité beurrée et fort coûteuse d'un chocolatier sud-finistérien. Beurre ce midi, huile de frites demain. De quoi ruiner mon régime bio de l'année. Merci Brest 2012.

Mais encore. Tout cela serait supportable s'il n'y avait le fond musical, cerise sonore sur le kouing aman. J'ai du supporter, une semaine durant, une cacophonie de mauvaises fanfares (essayez de travailler avec le Poinçonneur des lilas joué par les amis du trombone...), de binious stridents, de chorales à mémé, de harangues incompréhensibles hurlées dans des hauts-parleurs saturés, de fleurons de la variété française, oui monsieur, de rhum, de femmes, et de bière nom de dieu.... Mais la seule mélodie qui me reste en tête, après ces joyeuses fêtes heureusement quadriennales, c'est le vent dans les voiles, la pluie sur les ponts. Et de ce côté-là, à Brest, nous sommes gâtés toute l'année.


 


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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 11:57


Un chagrin d'amour, qu'est-ce que c'est ?

Ce n’est pas la perte, ce n’est pas l’absence. Ni l’abandon, ni la colère. Ce n’est ni la trahison, ni la rancœur. Ou alors c’est un peu tout cela à la fois. Mais c’est surtout l’envie qu’on ravale, le goût amer des choses qui valsent et s’effondrent, la précarité des attachements, château de sable si vite avalé par l’indifférence du monde. On croit bâtir l’œuvre d’une vie ; il ne reste rien. Et l’enfant, démuni, demeure assis sur le sable, souverain d’un royaume qui sitôt achevé, n’existe déjà plus.

C’est le retour au point mort, mais un peu plus vieux, donc un peu plus morts. Ce sont les sentiments, jusque-là en suspension, qui se cristallisent en précipité toxique. Et, chant des sirène mortifère, l’appel de nouvelles chimères qui promettent des rencontres laborieuses, fatigantes, cannibales. Que de chantiers immenses, pour la créature lasse et exsangue. Même le faisceau des commerces éphémères est une vaine consolation qui n’éclaire pas plus loin que le pied du plumard.

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C’est un pieu dans le corps autour duquel on ne cesse de tourner, pendant des jours, des mois, des années. Attachée à mon clocher, j’arpente la ronde des amours crucifiées. Sur mon îlot de désespérance, je roule un cœur trop lourd. Au milieu des galets. Un cœur fané qu’une mer sale et trop salée vient corroder. Au fil des ans, la rouille s’installe et la mécanique des sentiments grippe, coince, couine.

Alors on se raconte des histoires. On se dit que ce n’était pas le bon, pas la bonne. On se rassure en se disant demain, demain, demain... Ou bien : je n’ai besoin de rien. Ou encore : on est toujours tout seul. On se blinde de convictions en carton : c’est mieux ainsi, on était trop pareils ou - la belle variante ! - trop différents (j’aimerais connaître à la fin le bon dosage nécessaire à la recette de l’alter ego !?), on n’était pas faits pour vivre ensemble, puis le monde est vaste et les prétendants légion…

Foutaises !

À force de ne vivre que des relations aseptisées, fragiles et maladives, des petites amourettes craintives et étriquées, des lendemains dont la seule pensée tétanise, des nostalgies fiévreuses, on finira, génération névrotique et gâtée, par mourir de n’avoir rien vécu. Que quelques épisodes épileptiques, et sans chronologie, d’une série débilitante avec rires enregistrés.

 

Mais mon îlot n’est que le grain de sable d’un vaste archipel semé d’écueils affectifs. Et sur ces cailloux stériles, nous sommes des centaines, des milliers, des hordes de suppliciés des enfers psychologiques. Des hordes d’aliénés, qui à sa solitude, qui à sa dépendance, qui à ses fantasmes en forme de prince ou de princesse, qui à ses regrets, qui à ses caresses. Des hordes d’hallucinés, qui roulent des cœurs trop lourds au milieu des galets.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 11:02

 Un jeudi matin du mois de juin. Le téléphone sonne. « Bonjour, c’est l’Hôpital des Armées. » « Ah, mais je n’ai pas l’intention de faire mon service ! » « C’est la médecine des voyageurs. » Ah oui, le long couloir jaune qu’il m’arrive de fréquenter, sur le seuil de mes embardées buissonnières, de mes périples aux bouts du monde. C’est ici que les routards de tout poil s’approvisionnent en cachetons antipalu et autres piquouses préventives. Sauf que là, ce n’est pas des joies du départ dont il s’agit. À la loterie des risques sanitaires, j’ai gagné un lot de vaccins défectueux…

JEV09L37B. C’est le nom barbare de la « bête ». Quelques chiffres, griffonnés à la hâte sur mon carnet de vaccination international. Une dose injectée il y a presque un an, et qui pourrait bien décider de mon destin.


Un « lot défectueux », qu’est-ce que c’est ? En amour, je connais, mais en matière de microbiologie j’ai nettement moins de références… En bonne journaliste, je contacte l’AFSSAPS (Agende française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui me renvoie aussitôt vers un communiqué de presse « officiel » visible sur Internet. J’en reste fort marrie. On y parle d’ « une étude de stabilité laissant présager une réponse immunitaire potentiellement insuffisante ». Langue de bois et promesse de pute. Qui se tient un tant soit peu informé des scandales sanitaires en cours, ou à venir, sait bien qu’avant d’avoir des cadavres empilés devant la porte, un labo ne dit rien du poison qu’il vous a vendu. Je ne suis pas plus avancée. Et je ne sais toujours pas à quel effet secondaire je vais être mangée.

 

IMG_0138.JPGImaginons le pire. Novartis Vaccines and Diagnostics SAS (pour ne pas les citer) pourraient m’avoir inoculé un sérum double peine : d’une, j’aurais pu mourir dans la moiteur d’une rizière d’Asie alors que je me croyais protégée (par un fort coûteux vaccin). De deux, il se pourrait que je développe, dans les années à venir, quelque maladie collatérale dont seuls les groupes pharmaceutiques ont le secret : insuffisance rénale, sclérose en plaques ou autre joyeuseté.

 

C’est une époque formidable, qui fait de nous les cobayes de l’industrie, qu’elle soit pharmaceutique, alimentaire ou de loisirs. Pendant que les téléphones portables nous grillent les neurones et nous raccourcissent la descendance, que les plastiques modifient notre ADN, que dans notre assiette guette quelque bactérie assassine, des vaccins (qu’on injecte d’abord, qu’on teste ensuite) nous transforment en supports de culture grandeur nature. Ceux qui parviennent encore à procréer auront peut-être la chance de mettre au monde une génération mutante, héritée des médicaments de mémé (merci le Distilbène). Et pour les homo sapiens qui auraient toujours, demain, deux bras deux jambes, et pas trop de cancers, on pourra toujours envisager de prendre des vacances : cure thermale à Fukushima ou bronzette sous le trou de la couche d’ozone.

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 17:38

 

ecrire-0090.JPGC’est mon quatorzième déménagement. Dix-neuvième si je compte ceux de mon enfance. Des cartons des cartons des cartons. Des centaines de cartons. Des milliers de cartons. Des cartons de livres. Des cartons de vaisselle. Des cartons estampillés « fragile ». Des sacs Leclerc ou Ikéa. Des pots de fleurs à la main. Des milliers d’euros en frais d’agence. Des dizaines de milliers d’euros en loyers. De l’huile de coude. Des états des lieux d’entrée. Des état des lieux de sortie. Des trous de punaises au mur. Des cohabitations diverses et variées. Des pots cassés. Des affaires sur le pallier. Des envies de tout plaquer. Et puis des appartements qui vous engluent. Des coins paumés. Des villes chauffées à blanc. Des cul-de-sac existentiels. Des studettes. Des studios. Des T1 bis. Des T2. Des T3. Des projets avec untel. Des bouts de chemin avec machin. Des bouts de chemin avec moi-même. Des bouts de moi-même. Des coins de trottoir pour attendre. Attendre quoi ? Le prochain déménagement ? La maison tant espérée ? Le port d’attache ultime ? La dernière demeure… Comme dirait l’autre, « il n’existe rien de constant que le changement ». Au milieu de mes cartons, je suis à deux doigts de me faire bouddhiste.

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Quoi ?

  • : Les chroniques acides de la belette
  • : Les coups de gueule d'une demi-beurette au pays du beurre salé. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant réellement existé serait purement fortuite.
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