Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 11:57


Un chagrin d'amour, qu'est-ce que c'est ?

Ce n’est pas la perte, ce n’est pas l’absence. Ni l’abandon, ni la colère. Ce n’est ni la trahison, ni la rancœur. Ou alors c’est un peu tout cela à la fois. Mais c’est surtout l’envie qu’on ravale, le goût amer des choses qui valsent et s’effondrent, la précarité des attachements, château de sable si vite avalé par l’indifférence du monde. On croit bâtir l’œuvre d’une vie ; il ne reste rien. Et l’enfant, démuni, demeure assis sur le sable, souverain d’un royaume qui sitôt achevé, n’existe déjà plus.

C’est le retour au point mort, mais un peu plus vieux, donc un peu plus morts. Ce sont les sentiments, jusque-là en suspension, qui se cristallisent en précipité toxique. Et, chant des sirène mortifère, l’appel de nouvelles chimères qui promettent des rencontres laborieuses, fatigantes, cannibales. Que de chantiers immenses, pour la créature lasse et exsangue. Même le faisceau des commerces éphémères est une vaine consolation qui n’éclaire pas plus loin que le pied du plumard.

IMG 0258

C’est un pieu dans le corps autour duquel on ne cesse de tourner, pendant des jours, des mois, des années. Attachée à mon clocher, j’arpente la ronde des amours crucifiées. Sur mon îlot de désespérance, je roule un cœur trop lourd. Au milieu des galets. Un cœur fané qu’une mer sale et trop salée vient corroder. Au fil des ans, la rouille s’installe et la mécanique des sentiments grippe, coince, couine.

Alors on se raconte des histoires. On se dit que ce n’était pas le bon, pas la bonne. On se rassure en se disant demain, demain, demain... Ou bien : je n’ai besoin de rien. Ou encore : on est toujours tout seul. On se blinde de convictions en carton : c’est mieux ainsi, on était trop pareils ou - la belle variante ! - trop différents (j’aimerais connaître à la fin le bon dosage nécessaire à la recette de l’alter ego !?), on n’était pas faits pour vivre ensemble, puis le monde est vaste et les prétendants légion…

Foutaises !

À force de ne vivre que des relations aseptisées, fragiles et maladives, des petites amourettes craintives et étriquées, des lendemains dont la seule pensée tétanise, des nostalgies fiévreuses, on finira, génération névrotique et gâtée, par mourir de n’avoir rien vécu. Que quelques épisodes épileptiques, et sans chronologie, d’une série débilitante avec rires enregistrés.

 

Mais mon îlot n’est que le grain de sable d’un vaste archipel semé d’écueils affectifs. Et sur ces cailloux stériles, nous sommes des centaines, des milliers, des hordes de suppliciés des enfers psychologiques. Des hordes d’aliénés, qui à sa solitude, qui à sa dépendance, qui à ses fantasmes en forme de prince ou de princesse, qui à ses regrets, qui à ses caresses. Des hordes d’hallucinés, qui roulent des cœurs trop lourds au milieu des galets.

Par la belette
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 11:02

 Un jeudi matin du mois de juin. Le téléphone sonne. « Bonjour, c’est l’Hôpital des Armées. » « Ah, mais je n’ai pas l’intention de faire mon service ! » « C’est la médecine des voyageurs. » Ah oui, le long couloir jaune qu’il m’arrive de fréquenter, sur le seuil de mes embardées buissonnières, de mes périples aux bouts du monde. C’est ici que les routards de tout poil s’approvisionnent en cachetons antipalu et autres piquouses préventives. Sauf que là, ce n’est pas des joies du départ dont il s’agit. À la loterie des risques sanitaires, j’ai gagné un lot de vaccins défectueux…

JEV09L37B. C’est le nom barbare de la « bête ». Quelques chiffres, griffonnés à la hâte sur mon carnet de vaccination international. Une dose injectée il y a presque un an, et qui pourrait bien décider de mon destin.


Un « lot défectueux », qu’est-ce que c’est ? En amour, je connais, mais en matière de microbiologie j’ai nettement moins de références… En bonne journaliste, je contacte l’AFSSAPS (Agende française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui me renvoie aussitôt vers un communiqué de presse « officiel » visible sur Internet. J’en reste fort marrie. On y parle d’ « une étude de stabilité laissant présager une réponse immunitaire potentiellement insuffisante ». Langue de bois et promesse de pute. Qui se tient un tant soit peu informé des scandales sanitaires en cours, ou à venir, sait bien qu’avant d’avoir des cadavres empilés devant la porte, un labo ne dit rien du poison qu’il vous a vendu. Je ne suis pas plus avancée. Et je ne sais toujours pas à quel effet secondaire je vais être mangée.

 

IMG_0138.JPGImaginons le pire. Novartis Vaccines and Diagnostics SAS (pour ne pas les citer) pourraient m’avoir inoculé un sérum double peine : d’une, j’aurais pu mourir dans la moiteur d’une rizière d’Asie alors que je me croyais protégée (par un fort coûteux vaccin). De deux, il se pourrait que je développe, dans les années à venir, quelque maladie collatérale dont seuls les groupes pharmaceutiques ont le secret : insuffisance rénale, sclérose en plaques ou autre joyeuseté.

 

C’est une époque formidable, qui fait de nous les cobayes de l’industrie, qu’elle soit pharmaceutique, alimentaire ou de loisirs. Pendant que les téléphones portables nous grillent les neurones et nous raccourcissent la descendance, que les plastiques modifient notre ADN, que dans notre assiette guette quelque bactérie assassine, des vaccins (qu’on injecte d’abord, qu’on teste ensuite) nous transforment en supports de culture grandeur nature. Ceux qui parviennent encore à procréer auront peut-être la chance de mettre au monde une génération mutante, héritée des médicaments de mémé (merci le Distilbène). Et pour les homo sapiens qui auraient toujours, demain, deux bras deux jambes, et pas trop de cancers, on pourra toujours envisager de prendre des vacances : cure thermale à Fukushima ou bronzette sous le trou de la couche d’ozone.

 

Par la belette
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 17:38

 

ecrire-0090.JPGC’est mon quatorzième déménagement. Dix-neuvième si je compte ceux de mon enfance. Des cartons des cartons des cartons. Des centaines de cartons. Des milliers de cartons. Des cartons de livres. Des cartons de vaisselle. Des cartons estampillés « fragile ». Des sacs Leclerc ou Ikéa. Des pots de fleurs à la main. Des milliers d’euros en frais d’agence. Des dizaines de milliers d’euros en loyers. De l’huile de coude. Des états des lieux d’entrée. Des état des lieux de sortie. Des trous de punaises au mur. Des cohabitations diverses et variées. Des pots cassés. Des affaires sur le pallier. Des envies de tout plaquer. Et puis des appartements qui vous engluent. Des coins paumés. Des villes chauffées à blanc. Des cul-de-sac existentiels. Des studettes. Des studios. Des T1 bis. Des T2. Des T3. Des projets avec untel. Des bouts de chemin avec machin. Des bouts de chemin avec moi-même. Des bouts de moi-même. Des coins de trottoir pour attendre. Attendre quoi ? Le prochain déménagement ? La maison tant espérée ? Le port d’attache ultime ? La dernière demeure… Comme dirait l’autre, « il n’existe rien de constant que le changement ». Au milieu de mes cartons, je suis à deux doigts de me faire bouddhiste.

Par la belette
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 22:00

 

 

 

 

C’était une époque merdique

Mon horizon ? Les Assedic

Ma ligne de vie ? Une ligne de fuite

Ma ligne de fuite ? Une ligne de… cuites

Et dans les bars : un coup de cafard ?

J’prendrais plutôt un p’tit Ricard…

Et le blondinet là… mais pour un soir.

J’voudrais surtout pas m’attacher

J’voudrais surtout pas m’entacher

Mon cœur est déjà trop taché

Et si j’m’entiche d’une nouvelle tache

C’est la marée noire assurée…

 

C’était une époque tristique

Nos amours, dans des sacs plastiques

Le romantisme qui capote

C’est Cupidon qu’on décapite

Et tous ces cons qu’on décalotte

Qui aussitôt se carapatent

À peine enfilée leur culotte

Vont défiler devant leurs potes

Et traiter les filles comme des putes

Aller mon gars : un p’tite turlutte ?

 

C’était une époque cynique

Où le bonheur se compte en fric

Voilà un affreux film d’horreur

Avec zombies consommateurs

C’est l’invasion des morts achetant

Et tous les cons sommés d’acheter

Vont s’entasser comme des revenants

Dans les rayons d’hypermarchés

Et deux crétins pour le prix d’un !

Et moitié prix sur la tromperie !

Les sentiments, en fin de série !

Un amant offert pour tout mari acheté

Et la cerise sur le caddie

Pour les cocus de la conso

La carte de… fidélité.

 

Et pourtant, c’était notre époque

32 ans, toujours pas en cloque

Célibataire, comme c’est épique

À moins que ça ne soit plutôt… tragique ?

Littéraire… précaire !

Perpétuelle locataire

En couple par intermittence

Vacataire toujours en partance

Amoureuse, par intérim

Fidèle ? À l’art et à la rime !

En rupture de contrats Meetic

J’irai pointer aux aspegic

Intérimaire mal amarrée

Au pont des mauvaises à marier

Mais nous sommes dans la même galère

Une croisière… pour prolétaires !

Un mauvais radeau qui prend l’air

Un vieux canot à la dérive

Où les convives sont des cons ivres

Qui écopent avec une passoire…

 

Mais si ce soir, chacun s’y met

À défaut de vider la mer

On peut peut-être se préparer

Une époque un peu moins… amère.

Par la belette
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 14:40

 

D'aucuns se plaignent que le rayonnement intellectuel de la patrie de Descartes et de Montaigne ne soit plus qu’une ombre portée... Les mauvaises langues ! Moi je l'ai trouvé, le fleuron de la culture française, qui fait de notre pays la patrie du bon goût et du raffinement. Il est dans l’assiette ! Et pour ceux qui doutent encore de l’excellence de la gastronomie hexagonale, classée au patrimoine mondial de l’humanité :

 

 

280.jpg

 

 

Le poids de la culture de masse : 280 grammes de pure connerie. Et autant de raisons de gerber.

Par la belette
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  • 32 et toutes ses dents. Scribouillarde tombée dans la marmite philosophique, cherche l'Humanité la lanterne à la main. Chiante, impatiente, exigeante, avec quelques qualités paraît-il.

Mais quel jour on est ?...

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