Les coups de gueule d'une demi-beurette au pays du beurre salé. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant réellement existé serait purement fortuite.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voyagé. Dès que j'ai pu marcher, j'ai tiré sur le cordon ombilical qui me rattachait aux miens. En tricycle. En scooter. À pied, en stop ou en voiture. Plus tard, en avion. Je suis toujours allée aussi loin que les moyens de locomotion à ma disposition me le permettaient. Aussi loin que mes pieds me pouvaient porter. Tant que mon âme n'était rassasiée. Faire le tour du quartier. Le tour de Bretagne. Le tour de France. Le tour du bassin méditerranéen. Le tour de l'île de Pâques. Le tour des mes ambitions. Le tour de la question. Ah non, là il reste encore du chemin. Le tour de moi-même. Parfois, il suffit d'un pas de côté, pour tomber nez à nez sur soi. Regarder par dessus la barrière, dans le champ des possibles du voisin, pour voir si l'herbe y est plus verte. Si l'homme y est meilleur. Si l'humanité y est, tout court. C'est pour ça que je cours. Comme une balle élastique accrochée à sa raquette. Qui décrit des ellipses de plus en plus grandes. Au risque de s’éclipser. Reviendra, reviendra pas ? Du moment qu'elle ne vous revient pas dans la gueule. Quand il ne vous reste pas dans la gorge, un voyage vous germe dans le cœur. Vous traverse le corps et vous laisse son empreinte. Comme un supplément d'âme. Une étoile décrochée du ciel à bout de bras d'homme, qui vous fait le regard un peu plus intense.