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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 10:52

ecrire 1729

 

 

« De l’argent ! », répond-t-on à l’unisson. « De la reconnaissance, l’estime de soi », disent certains qui auraient plutôt tendance à se mirer dans leur boulot comme Narcisse halluciné en son lac, pour fuir le vide de leur existence. Attention les enfants, ne faites pas comme papa qui pète un plomb tous les week-ends parce qu’il se sent désoeuvré, et appréhende tellement la retraite qu’il finira par se tuer à la tâche ou tricoter une incurable dépression. D’aucuns argumenteront : « l’impression de se sentir utile ». Et en ce sens, un sens à la vie, justement. « Un passe-temps », dirait celui-ci. Mais le temps passe bien tout seul, va. Pas besoin de le pousser. « Une vie sociale » Un panier de crabes parfois aussi. « Une échelle à grimper » pour carriéristes. Ou à redescendre. « Un terrain de jeu » pour ambitieux. Je préfère les bacs à sable.

Mais que gagne-t-on vraiment à travailler ?

À en croire Rousseau, pas grand-chose, puisque « c’est pour parvenir au repos que chacun travaille ». Si Nietzsche y voit « la meilleur des polices », c’est aussi une belle machine normative à formater les masses. Un moule à l’image de l’entreprise. Par son étymologie même, le « tripalium » renvoie à un instrument de torture. Le bureau, le boulot, c’est avant tout… le bourreau.

Mais la vraie question n’est-elle pas : que perd-t-on à travailler ? Son temps. Son temps de vie, libre et gratuit, qu’aucune monnaie de remplacera jamais. L’occasion de belles rencontres. D’émotions fortes. De perfectionner un art. De lire. De ne rien faire. D’aimer. De voyager. De se chercher. De se trouver. De se perdre et de recommencer.

Finalement, on y trouve ce qu’on y met. On y perd un peu de ce qu’on est. Le travail, c’est un « package » de contraintes qu’on s’impose, pour se sentir exister sitôt la journée terminée. À condition bien sûr d’avoir encore suffisamment d’énergie pour en profiter…

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Published by la belette
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commentaires

Pierrick 25/09/2009 20:02


L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions.


Pierrick 25/09/2009 20:00


Le travail fatigue même les ânes.


Pierrick 25/09/2009 19:58


L'homme s'est montré particulièrement astucieux en refilant le travail ménager à la femelle. Ce n'est pas que le travail soit dur mais que c'est monotone et ennuyeux !


Pierrick 25/09/2009 19:56


Le travail c'est la santé...
Mais dans ce cas... A quoi sert la médecine du travail ? jaja


Pierrick 25/09/2009 19:56


Il y a une limite au bonheur qu'on peut tirer de son travail. On est même d'autant plus heureux qu'on passe moins de temps au travail.


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  • 32 et toutes ses dents. Scribouillarde tombée dans la marmite philosophique, cherche l'Humanité la lanterne à la main. Chiante, impatiente, exigeante, avec quelques qualités paraît-il.
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